Quid du rôle des émotions dans l’évaluation d’un projet d’innovation ?

Quid du rôle des émotions dans l’évaluation d’un projet d’innovation ?

Rôle émotions en innovation

Author:  Estelle Gollety

Chargée d’études qualitatives

Études utilisateur

Reading time: 4 minutes

Lorsque nous devons faire un choix, deux dimensions orientent notre processus de décision : la dimension rationnelle et la dimension affective. Face à un choix, nous examinons les alternatives qui s’offrent à nous, nous pesons le pour et le contre afin de choisir la meilleure option possible : c’est ici la dimension rationnelle qui nous guide. En parallèle, nous écoutons nos ressentis et nos émotions, qui nous fournissent des informations essentielles à la prise de décision : c’est ici la dimension affective qui nous oriente. Lorsqu’un nouveau produit ou service arrive sur le marché, notre processus d’adoption ou de non-adoption de cette innovation suit les mêmes principes.

Pourquoi prendre en compte les émotions des futurs utilisateurs dans le processus d’innovation ?

Notre rationalité et nos émotions participent à la construction du sens que l’on va inférer à l’innovation et ont une incidence sur l’acceptation ou le rejet de celle-ci. Ces deux dimensions doivent donc être prises en compte au cours du développement d’un nouveau produit ou d’un nouveau service. De manière générale, la dimension rationnelle est souvent bien intégrée lors du développement d’une innovation : les entreprises anticipent les perceptions des utilisateurs liées aux rapports qualité/prix ou coûts/bénéfices, elles réfléchissent à l’aspect utilitaire de leur concept, aux situations dans lesquelles la solution serait utilisée, etc.

En revanche, la dimension affective est plus rarement prise en compte. Conséquence de la difficulté perçue face à la subjectivité de nos émotions ? Ou d’une idée reçue bien ancrée selon laquelle nous sommes des êtres rationnels ? Difficile d’y répondre. Toujours est-il que cette dimension n’est que trop peu prise en compte et que cela explique de nombreux échecs en innovation, notamment en phase de mise sur le marché et de lancement commercial. En effet, selon Jean-Jacques Lambin, notre décision d’achat d’un nouveau produit/service est guidée jusqu’à 50% par nos émotions ! Rien d’étonnant quand on pense aux émotions que nous ressentons chaque jour : joie, tristesse, colère, peur, honte, fierté, espoir, anxiété, …, la liste est longue. Ces émotions rythment notre quotidien, nos interactions avec le monde qui nous entoure, nos relations avec les autres, notre perception de l’environnement, nos interactions avec les objets, et bien plus encore. De la même manière, elles guident nos choix et influencent notre perception des éléments nouveaux. Être à l’écoute des émotions des futurs utilisateurs d’une innovation, c’est obtenir des éléments clés de compréhension afin d’anticiper la manière dont ils vont se projeter dans son usage, dont ils vont l’adopter (l’acheter) mais aussi se l’approprier.

Raison vs. émotion

À quelles étapes prendre en compte les émotions des futurs utilisateurs ?

La prise en compte des émotions doit intervenir le plus tôt possible dans le processus de développement d’une innovation. Dès la phase de conception, une entreprise doit réfléchir aux émotions qu’elle souhaite faire ressentir à ses futurs utilisateurs afin de faciliter l’adoption et la diffusion de son innovation. Dans une phase plus avale d’expérimentation, lorsqu’il est temps de vérifier le potentiel de l’innovation avant sa mise sur le marché, les études d’usage sont également l’occasion d’aller sonder les utilisateurs, d’aller voir quelles émotions sont finalement ressenties à l’égard de cette innovation, pour vérifier la bonne adéquation entre les intentions de conception et la réalité du terrain. Au-delà du constat, l’idée est de pouvoir s’appuyer sur ces résultats pour comprendre les éventuels écarts entre intentions et réalité et ainsi détecter des pistes d’amélioration pour diminuer cet écart et ajuster sa proposition de valeur.

Et en pratique, comment s’y prendre ?

Dans la phase de conception, les émotions peuvent être prises en compte au travers du design émotionnel : cette approche, connue dans le monde de l’UX, consiste à sortir des schémas de conception pragmatiques et utilitaristes pour proposer une expérience utilisateur agréable, esthétique, hédonique, qui donne encore plus de sens au nouveau produit ou service.

Dans la phase d’expérimentation / de test, l’équipe Reach your Market utilise une méthodologie d’évaluation de la désirabilité, développée avec Ixiade, pour prédire les chances de succès de l’innovation, en s’appuyant sur la dimension émotionnelle. Cette méthode de prédiction de l’acceptabilité d’une innovation s’appuie sur la modélisation des relations entre émotion et cognition et permet de déterminer la compatibilité émotionnelle (l’adéquation entre les intentions de conception et la réalité du marché) avec un haut niveau de confiance ainsi que des axes d’amélioration pour renforcer cette compatibilité. Ainsi, les études Reach your Market permettent d’identifier les émotions suscitées par une innovation de manière non intrusive et de les comparer avec les émotions attendues afin de déterminer avec précision les chances de succès d’une innovation !

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Comment assurer la bonne diffusion de son innovation sur le marché ?

Comment assurer la bonne diffusion de son innovation sur le marché ?

Author:  Estelle Gollety

Chargée d’études qualitatives

Études utilisateur

Reading time: 6 minutes

Ça y est, vous êtes prêt à sauter le pas, prêt à vous lancer et à commercialiser votre innovation, bravo ! Vous êtes convaincu de votre produit et de son futur succès, mais avez-vous anticipé la manière dont votre innovation va pénétrer le marché ? Connaissez-vous les facteurs qui peuvent influencer la vitesse de diffusion de votre innovation sur le marché ? Dans un monde où les crises s’enchaînent et dans lequel nous devons relever des défis majeurs pour préparer le monde de demain, peut-on toujours se permettre de se lancer sur le marché sans s’assurer que son innovation fasse sens pour ses utilisateurs ? La question se pose alors même que la réduction du « time-to-market » (temps d’accès au marché) est cruciale. Voyons dans cet article comment assurer la bonne diffusion de son innovation sur le marché et faire en sorte que celle-ci soit acceptée, adoptée et appropriée par ses futurs utilisateurs.

Acceptation, adoption, appropriation : quésaco ?

En innovant, tout porteur de projet ou entrepreneur a un objectif majeur en tête : vendre. Que l’on ait une stratégie de valeur (peu de volume de ventes mais à forte valeur) ou de volume (fort volume de ventes mais à faible valeur), l’objectif final reste de générer du chiffre d’affaires, potentiellement récurrent grâce à des clients fidèles et, si possible, un chiffre d’affaires conséquent, en devenant une référence sur le marché. Nous connaissons tous Airbnb, Blablacar, la brosse à dent électrique, le K-Way qui se plie en sac banane, …, autant d’innovations qui sont devenues des indispensables de notre quotidien et qui ont su remporter l’adhésion des utilisateurs dès leur arrivée sur le marché. Toutefois, ce que l’on souligne peu, c’est que ces success stories restent des exceptions : encore aujourd’hui, environ 75% des innovations commercialisées ne survivent pas à la première année de commercialisation. Cela est souvent dû à une connaissance insuffisante des cibles et à une mauvaise anticipation des usages.

Pour faire partie de celles qui rencontrent le succès escompté, les innovations doivent d’abord être acceptées par les utilisateurs, c’est-à-dire qu’elles doivent remporter l’adhésion, sur le principe, des cibles visées. Au-delà de cette acceptation, l’objectif est qu’elles soient adoptées, c’est-à-dire que l’utilisateur passe à l’acte et achète le produit ou service innovant. Cette adoption se caractérise par un comportement réel et implique le fait que la cible s’engage concrètement dans l’acte d’achat de la solution. Quant à l’appropriation de l’innovation, nous sommes ici un cran au-dessus en termes d’engagement et de comportement puisqu’elle implique une utilisation réelle de l’innovation par la cible et une intégration dans ses pratiques au quotidien : c’est la finalité ultime poursuivie en innovation.

Bien entendu, lorsque l’on parle d’acceptation, d’adoption et d’appropriation, l’utilisateur est l’élément central et déterminant. C’est lui, votre cible, votre futur client, qui sera gage du succès de votre innovation. Et la manière dont il appréhende l’innovation en général et sa capacité à accepter le changement sont des variables importantes, qui conditionnent ce succès (cf. behavioral profiles when faced with change). La prise en compte de ce facteur humain, de la manière dont vos utilisateurs se projettent avec votre innovation, est donc l’une des clés de votre réussite et c’est l’unique facteur qui pourra influencer la diffusion de votre produit ou service sur le marché.

Anticiper l'adoption et l'appropriation d'une innovation en évaluant son acceptabilité

Quoi de pire que l’incertitude liée à un lancement commercial ? Savoir anticiper l’acceptation, l’adoption ou encore l’appropriation n’est pas chose aisée, mais il existe tout de même des méthodologies, scientifiquement validées, permettant d’anticiper les usages et donc finalement le potentiel succès de votre innovation. Parmi les méthodologies développées et utilisées par l’équipe Reach your Market dans ses "usage studies", on retrouve l’évaluation de l’acceptabilité, qui représente la capacité des utilisateurs à se projeter dans l’usage de l’innovation et donc l’acceptation, a priori, de l’innovation.

Ce potentiel d’acceptation repose sur quatre niveaux d’analyse, composés chacun de plusieurs critères à évaluer (une vingtaine au total) :

  • Le premier niveau d’analyse est l’adéquation de l’innovation aux savoir-faire, qui vise à vérifier que l’innovation est comprise et adaptée au niveau de connaissances et de compétences de la cible
  • Le second niveau représente l’adéquation aux pratiques existantes, qui vise à voir comment l’innovation va s’intégrer dans le quotidien et les habitudes de l’utilisateur, mais également si les pratiques et problèmes actuels de ce dernier viennent ou non justifier l’arrivée de l’innovation
  • Le troisième niveau d’analyse concerne l’adéquation à l’identité de l’utilisateur et vise à vérifier que l’innovation répond bien aux valeurs de la cible, à son identité, personnelle ou professionnelle
  • Le quatrième et dernier niveau porte sur l’adéquation à l’environnement et au contexte socio-économique de l’utilisateur et vise à s’intéresser à la manière dont l’innovation va s’intégrer dans l’organisation ainsi que dans les relations professionnelles ou personnelles de l’utilisateur.

L’illustration ci-dessous représente les niveaux d’acceptabilité et la place de l’utilisateur vis-à-vis de l’objet d’innovation (ici une paire de lunettes). Les niveaux sont matérialisés par des cercles concentriques autour de l’utilisateur : plus on avance dans les niveaux, plus on englobe d’éléments périphériques, pour finalement prendre en compte l’ensemble de sa personne et de son environnement.

L’évaluation de l’acceptabilité peut se faire au travers d’études qualitatives ou quantitatives, directement auprès des futurs utilisateurs de l’innovation. L’analyse de cette acceptabilité et de ses quatre niveaux permet notamment d’identifier des critères « validés », qui seront moteurs d’une bonne diffusion sur le marché, des critères « validés sous conditions », pour lesquels des améliorations doivent être apportées (au niveau du concept en tant que tel ou de sa stratégie d’accès au marché), et enfin des critères « non validés », qui peuvent être bloquants pour les utilisateurs et mener à un échec commercial.

Ainsi, l’évaluation de l’acceptabilité vous livrera des éléments concrets issus des feedbacks des utilisateurs pour orienter vos prises de décision et sécuriser vos investissements. Au-delà de l’estimation des chances de succès de votre innovation, les études proposées par Reach your Market and Ixiade vous permettent également de bénéficier de recommandations expertes personnalisées pour augmenter ces chances de succès.

Pour conclure, ce qu’il est important de retenir, c’est que l’étape de l’étude d’usage et de l’évaluation de l’acceptabilité est incontournable pour s’assurer de la bonne diffusion de son innovation sur le marché. Il est vrai que cela peut demander un investissement plus important avant la commercialisation de l’innovation mais, au moment où vous vous lancerez dans le grand bain, ce sera finalement du temps gagné dans votre parcours avec plus de chances de faire de votre innovation un incontournable sur le marché.

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